Sousse dans la préhistoire (1)

sousse_prehistoire

Il y a plus de cinq mille ans, les premiers hommes ont dû trouver dans ce site, les conditions élémentaires, pour y vivre convenablement: sources d''eau, gibier, relief et climat tempéré. * 3370 ans av. J.C. : Les traces d''activités humaines découvertes dans les environs de SOUSSE (1), laissent supposer que la zone était habitée par une population de chasseurs, d''éleveurs et de pêcheurs. Le site préhistorique de Hergla, situé à 35 Km au nord de Soussa, recèle des outils, notamment du silex taillé, des fragments de coquilles d'' œufs d''autruche et des os d''animaux qu''on attribue à l''âge néolithique(2), daté de 3370 ans avant J.C., environ 54 siècles.

(1) Des lacunes restent à combler concernant l''histoire et le mode de vie des habitants avant l''implantation des phéniciens il y a plus de 3000 ans. Les recherches archéologiques devraient être focalisées sur l''emplacement de la Médina, entre le littoral et la crête de la colline. Les fouilles des constructions, lors du creusement des fondations, pourraient fournir des renseignements appréciables sur cette période jusque là très peu connue.

(2) La préhistoire de l''homme est subdivisée en trois période): le paléolithique est la période la plus ancienne. Elle est caractérisée par l''industrie élémentaire de la pierre et l''habitat dans les grottes naturelles. Elle date de plusieurs centaines de milliers d''années à 14000 ans avant notre ère, suivie par le mésolithique'', caractérisé par un échauffement du climat et un habitat plus évolué (cabane). Cette deuxième période dura jusqu''à moins 7000 ans. Le néolithique est la période allant de moins 7000 ans à moins 4500 ans, où l''homme polit la pierre, cultive la terre, domestique des animaux et construit des cités lacustres.\nL''homme préhistorique s''abrite dans les grottes naturelles taillées par l''érosion dans la couche de tuf en haut de la petite colline surplombant la mer, Il se sert des pierres taillées, comme armes, pour se défendre ou pour chasser les animaux, tels que les autruches, les lions, les gazelles, les loups et les renards, nécessaires à sa nourriture. Il se couvre le corps avec les peaux des animaux consommés et il utilise la coquille d’œuf " d''autruche comme récipient.

Histoire de Sousse (2)

La création du premier noyau de la ville re- monte à près de trois millénaires. En effet, c'',est probablement vers la fin du Xe s. av. J.C. que son rivage, tranquille et accueillant, est choisi par quelques audacieux caboteurs phéniciens, venus de Tyr (Sud Liban actuel), pour abriter un comptoir de commerce. Il est vrai- semblablement le deuxième à être fondé par ces infatigables explorateurs négociants, après celui d''Utique (Xlle s. av. J.C.) établi au nord du golfe de Tunis. Le troisième, celui de Carthage, appelé à un destin exceptionnel, ne verra le jour qu''à la fin du IXe s. av. J.C.

Dès l''origine, ce comptoir est très actif et le ré- seau d''échanges qu''il développe à l''intérieur comme à l''extérieur ne tarde pas à donner des résultats. L''embryon primitif s''étend, se structure peu à peu pour se transformer assez rapidement en cité maritime dynamique et pros- père qui portera le nom d''Hadrumetum pendant presque toute l''antiquité. Son évolution remarquable, la ville la doit à un atout majeur: le site privilégié qu''elle occupe au fond d''un golfe surplombé par une colline peu élevée. C''est un abri sûr et défendable face à d''éventuels agresseurs. Cette position stratégique suscitera néanmoins bien des convoitises tout au long des siècles.

La fondation de Carthage en 814 av. J.C, et sa fulgurante ascension sonnent cependant le glas de l''autonomie d''Hadrumète. Elle est ainsi contrainte, à partir du Vie s. av. J.C., de reconnaître la suprématie de sa" rivale, désormais capitale d''un vaste empire qui ne cesse d''é- tendre ses possessions sur les rives de la Méditerranée. Mais étant surtout la troisième cité de l''empire carthaginois, elle se trouve par la force des choses entraînée dans une série de -conflits dont elle sort exsangue. C''est ainsi qu''elle subit les représailles dévastatrices d'' Agathocle, le tyran de Syracuse, en guerre contre Carthage au IV e s. av. J.C.
Aux Ille et lie s. av. J.C. éclatent les fameuses guerres puniques entre les deux principaux empires de l''époque, Rome et Carthage, pour le contrôle du bassin méditerranéen. Elles sont longues, fertiles en rebondissements et péripéties dramatiques pour toutes les cités satellites de Carthage, dont Hadrumète, bien sûr. Celle-ci voit, entre autres, débarquer le célèbre Général carthaginois Hannibal chargé d''organiser, depuis la ville, la riposte aux offensives meurtrières de son ennemi romain, Scipion. Les dégâts sont tels qu''Hadrumète, épuisée par ces conflits interminables, choisit de se retourner contre sa métropole, et s''allie avec Rome, lors de la troisième et dernière guerre punique qui se solde par la destruction pure et simple de Carthage en 146 av. J.C.
Hadrumète passe alors, comme le reste des anciennes possessions carthaginoises, sous la domination romaine.

En dépit de quelques épisodes douloureux marqués par les rivalités fratricides entre prétendants romains (César et Pompée au 1er s. av. J.C., Maximin et Gordien au Ille s. ap. J.C.) et durant lesquels la ville sert de théâtre à des guerres civiles sanglantes et subit la loi implacable des vainqueurs, la période romaine, qui s''étale sur cinq siècles, est considérée comme le premier âge d''or d''Hadrumète.

Dès le premier siècle de l''ère chrétienne, sous le règne d''Auguste, la cité redevient une importante place de commerce. Elle est de plus en plus active et riche sous la dynastie des Antonins, si bien que l''empereur Trajan l''érige en ville colonie, distinction insigne qui en fait l''égale des cités libres romaines. La paix romaine stimule l''ensemble de l''activité économique (agriculture, échanges...) qui connaît un essor remarquable. La cité s''agrandit, s''étend territorialement et se couvre d''un grand nom- bre de beaux monuments publics et privés: théâtres, thermes, amphithéâtre, belles de- meures..., dont il ne subsiste malheureuse- ment que quelques fragments épars.

Sur le plan spirituel, elle est un foyer des plus actifs du christianisme naissant, comme en témoigne à ce jour l''existence de plusieurs nécropoles chrétiennes (les catacombes). Son rôle, son rayonnement et sa prospérité en font l''un des plus grands centres urbains de la province romaine d''Afrique et lui valent, sous l''empereur Dioclétien au Ille s. ap. J.C., d''être promue capitale d''une vaste province (La Byzacène) qui recouvre alors tout le centre de la Tunisie actuelle. Les plus belles mosaïques, que l''on peut toujours admirer au musée de la ville, remontent à cette époque.

Mais la vague déferlante des Vandales, qui submergent une partie de l''empire romain au Ve s. atteint l''Afrique de plein fouet et plonge tout le pays dans l''anarchie. Hadrumète prend le nom d''un chef barbare, Hunéric, et s''appelle pendant un siècle Hunéricopolis.

Vers 535, la ville est reconquise, au profit de l''empire romain d''Orient, par les Byzantins, qui la rebaptisent du nom du grand empereur vainqueur des barbares: Justinien. Elle porte le nom de Justinianapolis jusqu''à l''entrée en scène des Arabes, au milieu du Vile s.

La timide renaissance qu''elle connaît sous les Byzantins n''enraye pas la décadence de Justinianapolis. Et malgré un sursaut d''énergie, elle ne peut tenir plus de deux mois, quand les cavaliers arabes de Okba l''assiègent vers 650, avant de la détruire entièrement, exaspérés par la résistance de la "ville de fer".

Cette dernière renaît de ses cendres sous le nom de Sousse (on en ignore l''origine et le sens) au Ville s. Cependant, ce n''est qu''au IXe s, avec l''avènement de la dynastie aghlabide au pouvoir, que la ville reprend peu à peu de l''importance et connaît son deuxième âge d''or et de splendeur. Port de la nouvelle capitale du pays, Kairouan, et résidence d''été des princes aghlabides, elle se pare alors de monuments civils et religieux superbes. Ces édifices, remarquablement bien conservés à ce jour, vont marquer profondément l''espace et le paysage, et donner à Sousse son "cachet" si particulier et original.

Pour marquer tout l''intérêt qu''il porte à la ville, l''Emir de Kairouan, Ziyadet Allah 1er, choisit son port et sa citadelle (ri bat) comme base de départ pour la conquête de la Sicile, en 827. Mais l''arrivée de la dynastie des Fatimides, nouveaux maîtres du pays au Xe s., et, sur- tout, la fondation d''une nouvelle capitale sur le littoral voisin (Mahdia), font perdre à la ville beaucoup de son importance et de son prestige.

Le redressement économique, urbain et culturel que Sousse enregistre au Xie s., sous les Zirides, est brisé net par la terrible invasion des Hilaliens qui plonge, pour longtemps, tout le pays dans le chaos.

Jusqu''au XVie s, marqué par l''irruption des Turcs, les phases de renaissance et de revers alternent, au gré des invasions et des tourmentes vécues par le pays et qui voient se succéder Almohades, Hafsides, Normands de Sicile et Espagnols. Sous la domination turque, Sousse participe activement à la course en Méditerranée et devient, de ce fait, un repaire de corsaires. Ce qui lui vaut d''être la cible, au XVIIie s, des représailles des Etats européens et de subir les bombardements des Français et des Vénitiens.

En 1864, la ville et sa région sont durement réprimées pour avoir soutenu une "rébellion antifiscale" conduite par un chef de tribus, Ali Ben Ghedahem, contre le pouvoir du Bey de Tunis. Sousse périclite alors, et lorsqu''en septembre 1881 les Français y débarquent, elle n''est plus, avec ses 9.000 habitants, que l''ombre de la glorieuse métropole qu''elle fut.

A l''aube de ce siècle, sous le protectorat français, Sousse connaît un nouvel essor. L''agglomération s''agrandit très vite autour de l''ancienne enceinte millénaire, s''équipe et se modernise. La construction de la voie ferrée et surtout celle du port (exportation des phosphates, notamment) lui permettent de retrouver une place de premier plan.

Cependant, la "campagne de Tunisie", durant la deuxième guerre mondiale l''expose, en 1942-43, à des bombardements qui lui occasionnent de graves destructions. Un des fiefs du mouvement nationaliste, elle contribue ensuite activement à la lutte pour l''indépendance du pays obtenue le 20 mars 1956 et joue, depuis, un rôle déterminant dans l''édification de l''Etat tunisien moderne.

Références

(1) Extrait du livre de si Ameur Baaziz « Si Sousse m’était contée ».

(2) Anouar El Fani de son livre (SOUSSE FAMILIER).

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